Coup de Cœur - Black Phone 2 de Scott Derrickson : Un coup de fil inattendu.
- Céline Blanc
- 7 nov. 2025
- 2 min de lecture
Alors que Black Phone, sorti en 2021, ne laissait point prévoir de suite, Scott Derrickson surprend et revient, quatre ans plus tard, avec un second opus distribué mi-octobre 2025.
Nous retrouvons Finney et sa sœur Gwen, quatre ans après les événements du premier film. Tandis que Finney tente tant bien que mal de se reconstruire, de mystérieux appels continuent de le hanter. Mais cette fois, les phénomènes paranormaux ne se limitent pas à sa seule personne, Gwen est également visée. Leur quête de réponses les mènera à Alpine Lake, un camp d’hiver perdu au fin fond du Colorado, où chacun fera face à ses traumatismes irrésolus.
Ce second opus, labellisé “interdit au moins de seize ans”, s’affirme comme plus obscur et terrifiant que son aîné. Le cadre choisi par Derrickson - un paysage enneigé, coupé du monde et plongé dans un silence absolu - installe d’emblée un mal être, une inquiétude quant à la sécurité de nos protagonistes. S'ajoutent à cela des screamers efficaces, bien que prévisibles. Les enjeux sont également plus terrifiants que le premier film car plus flous. En effet, nous nous retrouvons coincés entre deux mondes : le monde réel et celui des rêves. Mais ces derniers en sont-ils vraiment?

My dreams weren’t just dreams.
Le film n’utilise pas d’objet direct pour signifier le passage entre les deux dimensions mais mobilise plutôt la qualité de son image à travers une modification de son grain. Ce subtil usage a pour conséquence d’également nous plonger dans cette confusion entre le réel et le cauchemar.
Le récit, loin de recycler le premier opus, innove dans l’abord de ses thématiques. Le deuil et la reconstruction de soi sont au cœur du film. Chaque coup de fil mène à un développement de soi, qui nécessite d’affronter ses plus grandes peurs et les zones d’ombres de son passé. La dynamique entre la fratrie livrée à elle-même n’en est alors que plus intéressante. Tandis que l’un tente d’avancer, en fuyant ses traumatismes, l’autre décide de leur faire face de manière directe. Ces mécanismes opposés, loin de les éloigner, nourrissent une tension émotionnelle qui rend leur lien plus touchant.
The Grabber - L’attrappeur - se présente comme bien plus effrayant dans cette suite. On observe une nette opposition de caractère entre les deux films. En effet, alors qu’auparavant celui-ci semblait mieux ancré dans le contrôle, la colère le domine à présent complètement. Il n’a aucune volonté de rédemption, seulement de vengeance.
Vengeance is mine.
Avec Black Phone 2, Scott Derrickson confirme sa maîtrise du cinéma d’horreur psychologique : à travers la tension apportée par son œuvre, il raconte la peur de faire face à ce que l’on préfère oublier. Un film aussi effrayant que troublant, où l’horreur devient un langage du souvenir.
Céline Blanc




Commentaires