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Coup de cœur - Springsteen : Deliver Me from Nowhere de Scott Cooper : Tiraillement entre passion et dépression.

  • Katie Millat
  • 31 oct. 2025
  • 2 min de lecture

Pour tous les fans de Bruce Springsteen, mais aussi les amateurs de musique, ou d’art en général, je vous présente Deliver Me From Nowhere : un biopic interprété par Jeremy Allen White d’une façon déchirante, mettant en lumière des contrastes entre une vie personnelle et professionnelle d’un artiste en quête de perfection subjective. Et ce, par un visuel lumineux très hétérogène : les moments sur scène où il chante et fait ce qu’il aime sont très lumineux, en opposition aux discussions et moments d’échange qu’il redoute, qui ressortent plus sombres. De même pour le son, plus ou moins intense, qui nous fait ressentir le rythme du film par les émotions de Springsteen. Ce contraste continue sur la deuxième partie du biopic, cette fois-ci entre les moments avec sa compagne qui égalent ceux passés sur scène, et ceux passés seul dans sa maison. Ils nous permettent de nous aider à comprendre le chanteur dans ses émotions les plus profondes, que lui-même a du mal à accepter. Au début du film un concessionnaire de voitures lui dit « I do know who you are » (« Je sais qui vous êtes »), auquel il répond « Well, that makes one of us » (« Eh bien, ça fait un de nous deux »). Cette recherche identitaire perpétuelle permet une identification assez naturelle, qui nous place au cœur des actions.

Un homme assis, avec une guitarre sur le genou, regardant le vide d'un air mélancolique.

 

Le film se présente comme un questionnement sur les décisions prises dans la vie adulte suite à une enfance difficile. On voit le présent du chanteur mis en parallèle par des flashbacks réguliers sur son enfance en noir et blanc, avec comme angle de vue l’impact de la violence infligée à un enfant innocent. Ces flashbacks vont construire la figure au fur et à mesure qu’on la découvre, et permettent ainsi de prendre conscience de l’impact non seulement physique mais surtout psychologique qu’ont ces agressions sur les enfants battus. Il adopte aussi une approche historique tout en relatant l’écriture des principales chansons de l’artiste : on suit notamment celle de Nebraska, suite au visionnage de La balade sauvage, un film inspiré de l’histoire vraie de Mad Dog Killer qui a assassiné 11 personnes en 1958 dans le Nebraska et le Colorado, qui a fasciné le chanteur jusqu’à l’obsession. Le scénario met à l’honneur la vie personnelle de Springsteen dans une vision brute, qui s’explique par l'état d’esprit du scénariste/réalisateur qui a perdu son père la veille du tournage, ce qui rend la mise en scène d’autant plus personnelle et authentique. Un film nostalgique et introspectif qui mérite d’être vu. 

Katie Millat

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