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Coup de coeur - Eleanor The Great de Scarlett Johansson : Le mensonge comme dernier hommage.

  • Marion François
  • 5 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Eleanor the great signe la deuxième œuvre cinématographique réalisée par la talentueuse Scarlett Johansson qui passe derrière la caméra cette fois-ci et signe son premier long métrage.


De suite on remarque l’incroyable June Squibb dans le rôle de l’héroïne éponyme qui est tout simplement mémorable. Elle incarne une femme nonagénaire au franc-parler et à l'humour caustique qui nous fait sourire dès les premières minutes du film.


On suit donc le personnage attachant d'Eleanor, qui après avoir perdue sa meilleure amie Bessie, va s’installer à New York chez sa fille et son petit-fils. Une fois installée, la senior rencontre Nina, une jeune étudiante jouée par Erin Kellyman. La rencontre entre ces deux femmes est un des gros points forts du film. Elles forment un duo mignon et surtout crédible, leur relation est naturelle.


Deux femmes, une jeune (à gauche) et une âgée (à droite) sont assises sur des grands sièges élégants. La jeune regarde la femme agée en lui tenant la main, tandis que cette dernière regarde devant elle. Elles sont toutes deux habillées en rouge et sourient.

Erin Kellyman apporte une justesse et une profondeur à la douleur de Nina, ce qui permet à l'histoire de l'amitié entre les deux femmes de devenir le vrai moteur du film. Elles partagent une alchimie touchante qui prouve que l'amitié peut être un mécanisme de survie surtout en période de deuil.


L'attachement à Eleanor est immédiat, notamment grâce à l'émotion suscitée par la perte de sa meilleure amie Bessie. Le cœur du film réside dans le mensonge qu'elle tisse : Eleanor s’introduit malencontreusement dans un groupe de rescapés en s'appropriant l'histoire de sa meilleure amie juive et rescapée de la Shoah.  Par la suite, le film nous montre explicitement que ce n'est pas un désir d'usurpation qui la guide, mais plutôt un geste d'hommage et de mémoire. Chaque fois qu'elle raconte son « supposé » passé, on aperçoit à l'écran son amie Bessie  sous forme de flashback, soulignant que cette imposture n'est qu'un moyen désespéré pour Eleanor de ne pas l'oublier et de faire vivre la mémoire de sa défunte amie.


Cependant, bien qu'Eleanor soit attachante, le récit bascule pour laisser de la place à Nina, elle aussi touchée par la perte de sa mère. On part d’un postulat de départ où Eleanor est dévastée par la mort de sa meilleure amie, ce qui suscite l’empathie du spectateur. Cependant l'apparition du personnage de Nina elle aussi chagrinée par le récent décès de sa mère laisse de côté rapidement la perte subie par la protagoniste et ce durant une grande partie de la seconde moitié du film.


Néanmoins Eleanor the Great reste un film émouvant et intelligent avec une approche délicate et amusante de sujets importants tels que le deuil, le chagrin ainsi que la mémoire de l’Holocauste. Le film nous fait rire et pleurer, et il doit beaucoup à l'alchimie et au talent pur de June Squibb et d'Erin Kellyman. Une belle réussite pour Scarlett Johansson en tant que réalisatrice.

Marion François

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