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Coup de Cœur - The Smashing Machine de Benny Safdie : Juste un humain.

  • Roméo Champagnat
  • 14 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Le précédent et très réussi film de Benny Safdie, Uncut Gems, est sorti il y a cinq ans. Depuis, l’auteur a surtout été acteur, par exemple dans Dieu, tu es là ? C’est moi, Margaret (Kelly Fremon Craig, 2023), Oppenheimer (Christopher Nolan, 2023), ou encore Happy Gilmore 2 (Kyle Newacheck, 2025). Avec tout ce temps passé, nous avons failli oublier son talent de cinéaste. Heureusement, The Smashing Machine, réalisé en solo1 et qui vient de sortir, nous le rappelle. Il s’agit d’un biopic sur Mark Kerr, ancien combattant de MMA. Précisément entre les années 1997 et 2000, période difficile pour ce dernier, victime d’une addiction aux opioïdes et qui connaît une importante défaite.

Un homme avec un t-shirt blanc, sur lequel il y a un drapeau américain se repose, assis contre une colonne rouge. Il transpire et semble épuisé, aussi bien physiquement qu'émotionnellement.

Benny Safdie a bien mérité son lion d’argent à la dernière Mostra de Venise. Il fait preuve d’une grande maîtrise de la mise en scène. Les combats sont très bien représentés, notamment grâce à un montage qui traduit toute leur frénésie. Mais le film met l’accent sur les moments d’intimité. Le cinéaste s’intéresse à la fragilité de Kerr, lui qui se croyait initialement invincible, au point d’être incapable d’imaginer ce que cela lui ferait de perdre un combat. Nous retenons en particulier un magnifique plan long où nous voyons l’athlète qui, seul dans une pièce, après sa défaite, se met soudain à fondre en larmes. Le fait d’être ému,  nous le devons également à la performance de l’interprète de Kerr, Dwayne Johnson alias The Rock. Acteur mésestimé, il a cette fois-ci l’opportunité d’exploiter pleinement ses capacités de jeu, et de travailler des émotions propres au drame, tout cela avec succès. Précisons qu’auparavant, on ne pouvait déjà pas le réduire à un simple héros bourrin, car les blockbusters dans lesquels il a tourné nous montrent qu’il sait aussi être drôle.


The Rock fait la démonstration de sa force physique dans la plupart de ses films. Souvent dans le but de nous impressionner, comme lorsqu’il détruit son plâtre en contractant son biceps dans Fast and Furious 7 (James Wan, 2015). Cependant, chez Safdie, le recours à la force physique, en dehors des scènes de combats, lui sert aussi paradoxalement à mettre en avant la fragilité de son personnage. Par exemple, au cours d’une dispute avec sa compagne Dawn (Emily Blunt), Kerr, qui a du mal avec ses émotions, arrache de ses propres mains une partie de la porte de sa cuisine. C’est assez pathétique. Finalement, l’image de l’acteur a autant d’importance que celle de l’athlète. Dwayne Johnson veut nous faire comprendre qu’en dépit de son surnom, de son corps massif et de l’image triomphante qu’il renvoie dans ses autres films, que lui-même n’est pas une machine invincible, mais juste un humain. 


Roméo Champagnat

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1. Il a réalisé tous ses précédents long-métrages avec son frère Joshua, qui poursuit également sa carrière en solo.

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